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Agroforesterie et reboisement

World Agroforestry définit l'agroforesterie comme l'interaction de l'agriculture et des arbres, y compris l'utilisation des arbres à des fins agricoles. Il s'agit d'un système dynamique de gestion des ressources naturelles visant à produire des arbres pour le bois d'œuvre, à fournir des aliments divers et nutritifs et à assurer la protection de l'environnement naturel. Le reboisement permet de rétablir les forêts dégradées à leur état initial.

Pourquoi des interventions en matière d'agroforesterie et de reboisement sont-elles nécessaires dans les pays RFS ?

Pourquoi l'agroforesterie et le reboisement sont-ils essentiels à la création des systèmes alimentaires résilients ?

Comment les pays RFS exécutent-ils les activités d'agroforesterie et de reboisement ?

En Afrique, la demande de terres arables augmente en fonction de la demande de denrées alimentaires pour nourrir les populations en croissance rapide, ce qui entraîne une concurrence directe entre le secteur agricole et les zones boisées ou forestières d'Afrique. Le changement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes ont un impact supplémentaire sur la productivité des terres agricoles, poussant ainsi les agriculteurs vers les terres auparavant boisées afin de répondre aux besoins alimentaires et énergétiques de leurs communautés.

Avec l'augmentation de la demande alimentaire, les petits exploitants agricoles ne se contentent pas seulement d'agrandir les terres consacrées à la production agricole, mais intensifient également les pratiques agricoles non durables afin de répondre à la demande. Ces pratiques engendrent en fin de compte la dégradation des terres et la détérioration de la santé des sols. On estime que 65 % des terres arables, 30 % des pâturages et 20 % des forêts en Afrique sont dégradés. Ce schéma actuel pérennise un cercle vicieux qui voit les sols devenir moins productifs, obligeant les petits exploitants à poursuivre leur expansion vers les terres forestières à la recherche de terres arables, provoquant une dégradation supplémentaire, la perte de services écosystémiques essentiels, une baisse de la productivité agricole et une perte de puits de carbone.    

Afin de répondre aux effets négatifs du déboisement, le programme RFS favorise les interventions en matière d'agroforesterie et de reboisement en tant que composantes essentielles pour atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle et contribuer aux avantages environnementaux mondiaux. L'intégration des arbres dans les paysages agricoles et la planification de l'utilisation des terres autour des écosystèmes forestiers permettent de restaurer les terres dégradées en augmentant la fertilité des sols, en contrôlant l'érosion, en améliorant la rétention de l'eau dans les sols et en améliorant la qualité des eaux souterraines. 

Outre l'amélioration des rendements agricoles, la réhabilitation et la plantation des forêts permettent aux communautés locales d'accéder à des produits alimentaires et non alimentaires diversifiés qui contribuent à la nutrition et à la sécurité alimentaire tout en générant de nouvelles sources de revenus. En ce qui concerne l'atténuation du changement climatique, l'agroforesterie et le reboisement améliorent la séquestration du carbone tout en réduisant la contribution de l'agriculture aux émissions de carbone. La réhabilitation et la plantation des forêts réduisent également la vulnérabilité des communautés au changement climatique et augmentent la résilience des communautés aux chocs climatiques. 

Les projets pays RFS exécutent diverses activités d'agroforesterie et de reboisement, notamment la plantation d'arbres, l'installation de fourneaux efficaces, la plantation en courbes de niveau, la culture intercalaire de haies et la promotion des chaînes de valeur des produits forestiers non ligneux.

Au Burundi, un pays qui a perdu 5 % de sa couverture forestière entre 2001 et 2019, la FAO se sert des champs-écoles paysans pour sensibiliser sur l'importance des forêts et enseigner aux petits exploitants des techniques agroforestières comme la plantation en courbes de niveau, afin de réduire l'érosion des sols et d'améliorer leur santé. Au Burkina Faso, l'équipe en charge du projet RFS aide le gouvernement du pays à atteindre ses objectifs de neutralité en matière de dégradation des terres par la promotion de l'agroforesterie et l’appui aux exploitants forestiers. En Éthiopie, le programme RFS aide les clubs environnementaux des écoles locales à planter des semis d'arbres dans l'enceinte de leurs établissements scolaires tout en sensibilisant les élèves sur l'importance vitale des forêts.

Découvrez les projets pays RFS afin de voir d'autres exemples illustrant l’exécution des activités d'agroforesterie et de reboisement par les pays RFS. 

Témoignages sur le terrain

Découvrez les témoignages sur le terrain pour en savoir plus sur l’exécution des activités liées au thème programmatique de l'agroforesterie et du reboisement par les équipes de projet pays RFS.

Ressources utiles

Nous disposons d'une bibliothèque croissante de rapports, de mémoires, d'études de cas, de supports médiatiques, d'outils et de lignes directrices. Découvrez toutes les ressources sur l'agroforesterie et le reboisement afin de mieux comprendre les activités de notre programme.

  • Le Rôle de la Production Agricole dans l'Approche de Restauration des Paysages Forestiers - Évaluation des Avantages Potentiels Liés à la Réalisation du Défi de Bonn

    02 July 2020

    Ce document, rédigé par des collègues de l'UICN et de l'Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires, donne un aperçu important sur la manière dont une intégration complète de la production agricole dans les efforts de restauration pourrait avoir un impact sur les niveaux de production alimentaire, la disponibilité alimentaire, les stocks de carbone forestier et les émissions de gaz à effet de serre. Les approches et méthodologies existantes qui étudient les effets de la dégradation des terres sur la sécurité alimentaire varient considérablement.

    Bien qu'il existe déjà une littérature relativement riche qui étudie les expériences localisées, les facteurs géophysiques et socio-économiques de la dégradation des terres, ainsi que les coûts et les avantages d'éviter la dégradation des terres, les effets globaux de la restauration des paysages dégradés sur la santé des terres, le climat et la sécurité alimentaire mondiale sont moins rigoureusement étudiés.

    L'ampleur actuelle de la dégradation des terres est telle que le problème ne peut être résolu de manière significative que si les succès locaux sont transposés à plus grande échelle et qu'un grand nombre de propriétaires et de gestionnaires des terres mettent en œuvre des activités de restauration. 

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    Renforcer la sécurité alimentaire par la restauration des paysages forestiers : Leçons du Burkina Faso et du Brésil

    02 July 2020

    Ce rapport de l'UICN compile des études de cas du Brésil, du Burkina Faso, de l'Éthiopie, du Ghana, du Guatemala, des Philippines et du Viet Nam afin de mettre en évidence la manière dont les interventions de restauration des paysages forestiers (RPF) améliorent la sécurité alimentaire. Ils illustrent les solutions "gagnant-gagnant" qui peuvent améliorer la fonctionnalité et la productivité des terres, développer des systèmes alimentaires résistants et explorer les résultats potentiels à long terme et les conditions favorables aux interventions de RPF. Ces études de cas mettent davantage l'accent sur les impacts de la dégradation et de la déforestation et sur d'autres indicateurs, afin de mieux comprendre les résultats des interventions de RPF et leur relation avec la productivité des terres.    

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    Ex-Ante Carbon-balance Tool (EX-ACT)

    17 March 2020

    EX-ACT est un système d'évaluation développé par l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui apporte des estimations de l'impact des projets, programmes et politiques de développement agricole et forestier dans un bilan carbone.  Cet outil permet de mieux faire des estimations et définir les activités prioritaires lors de la conception de projets, ce qui est très avantageux en termes d'économie et de réduction des aléas du changement climatique. Le niveau de réduction de GES peut aussi être pris en compte dans le cadre des analyses économiques et dans la recherche de financement du projet. 

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